Citoyenscomme vous!
Pour le droit des étrangers à voter


Nous sommes au début d'une année de nombreuses élections, qui démontreront les manquements démocratiques d'une société excluant une grande partie des électeurs, dont les décisions influent votre vie. En effet, environ 15% de la population catalane se compose d’étrangers de diverses origines, et la réalité est que beaucoup de ces hommes et femmes ne pourront pas voter dans les prochaines élections.


Malheureusement, depuis toujours la politique étrangère menée en Espagne se limite à penser que la migration est une question de gestion des flux ou de contrôle des frontières. Comme nous avons pu le constater lors des événements récents à Ceuta et Melilla ou lors de la polémique concernant les CIE. Cette centralité des aspects juridiques et administratifs liés à la migration ont reléguées au second terme la promotion des politiques d’accueil des personnes immigrantes, l'égalité des opportunités, la lutte contre la discrimination au travail, ou la participation syndicale, sociale et politique.


Depuis toujours, nous avons dénoncé cette approche restrictive de la migration, éthiquement, socialement et politiquement inacceptable qui menace la coexistence et la cohésion sociale de notre société et laisse dehors des milliers d’étrangers en situation administrative régulière. Ces personnes, bien que leur travail contribue à la croissance de notre société et qu’ils payent leurs impôts, se voient refuser le droit d'exercer pleinement leur statut de citoyens: le droit de vote et le droit de choisir et être choisi, en bref, le droit d'examiner les politiques qui les concernent.


Dans quelle logique démocratique est-il acceptable de laisser en dehors des systèmes de représentation démocratique une partie considérable de la population catalane? Nous croyons que nous nous trouvons face à un problème de santé démocratique, dans laquelle la citoyenneté et les politiques ont un rôle à jouer. Ils doivent garantir l'égalité des opportunités, lutter contre les discriminations, apporter intégration et cohésion sociale, mais aussi pleine reconnaissance du droit de vote. Cela induit donc une conquête démocratique décisive et avec un fort contingent symbolique : Nous ne pouvons parler de démocratie ni de véritable intégration si une partie de la population se voit refuser le droit de vote.


Partant de ce point, nous considérons que la participation des immigrants, en particulier leur participation politique, -qui est la plus haute expression dans l'exercice démocratique du droit de vote-, reste le principal défi pour une politique radicalement différente dans l’intégration sociale des immigrants.


C’est pourquoi nous appelons les différentes forces politiques à mener des actions nécessaires pour étendre le droit de participation aux élections démocratiques -c’est à dire, le droit de choisir et d'être choisi- aux résidents étrangers à notre pays. Mais nous voulons aussi étendre cet appel à toute la société civile pour se joindre à cette demande.


Dans le contexte actuel dans lequel cohabite différentes sphères sociales, se pose donc la nécessité de repenser quel modèle d'Etat et de pays voulons-nous, et d’engager un changement en faveur d'un modèle social, économique et politique égalitaire et participatif. Nous considérons qu'il est essentiel de mettre au centre du débat la notion de citoyenneté -liée la résidence et non pas à la nationalité-, parce que nous ne pouvons concevoir une société pleinement démocratique sans la pleine égalité de tous ses membres.